Carnet de voyage
- 14 Octobre 2026
- 30 juin 2026
Le 14 Octobre 2026 … A quelques heures de rentrer au chantier, c’est l’occasion de faire un premier bilan de cette première partie du voyage le long des côtes atlantiques. Que de paysages différents traversés depuis mon départ. Mes plus beaux souvenirs, pour le moment, sont sans aucun doute, l’atterrissage sur la Côte cantabrique ( arrivée au petit matin après une nuit orageuse vers Laredo) et mon passage dans les rias Espagnoles. A ces souvenirs, il faut bien entendu associer les heures de navigations sous voile, mes premières navigations nocturnes en solitaire, les rencontres avec les dauphins et des lumières incroyables au lever ou au coucher du soleil. Le voyage le long de la côte atlantique Portugaise m’aura moins plu mis à part la découverte de Lisbonne. J’ai visité cette ville pendant 4 jours… et quelques soirées !!! C’est une capitale incroyable de par la diversité de sa population, souvent très jeune, qui est venue dans cette capitale pour rechercher une qualité de vie et qui se contente de petits boulots pour vivre. J’ai ressenti une énergie incroyable dans cette ville. Bien sûr, le tourisme est omniprésent mais malgré cela j’ai eu le sentiment de découvrir un peu de l’âme lisboète dès que l’on sort des circuits touristiques. 
Quartier d’Alfama à Lisbonne et passage sous le pont du 25 avril à Lisbonne. D’un point de vue navigation, je garderai en mémoire le passage de quelques caps célèbres et remarquables dont on entend parler dès que l’on s’intéresse à la navigation; dans l’ordre de passage, le raz de Sein, le cap Finisterre et le cap Saint-Vincent. La navigation le long des côtes Portugaises aura été monotone pour moi; en raison de l’absence de mouillages en dehors des marinas (en raison de la houle atlantique); de la météo qui est binaire en force ( pas de vent ou du vent assez fort) et en direction ( vent du nord ou du sud) et des paysages monotones du nord du Portugal. Un des points marquants de mon voyage au Portugal aura été de parler très souvent Français. Beaucoup de Portugais d’âge mûr parlent Français. Dans certaines marinas, l’ensemble du personnel parle Français ( Nazaré par exemple). Cela est lié au fait qu’à l’époque le Français était la première langue étrangère que les portugais apprenaient à l’école et que dans certaines villes de nombreux Portugais ont de la famille en France qu’ils visitent régulièrement. La douceur de vivre au Portugal est très agréable. On y mange bien ( pour pas cher). Les gens sont respectueux, gentils, serviables et réservés. La météo jusqu’à maintenant est incroyable et offre des couchers de soleil impressionnants. Je vais avoir l’opportunité de mieux les connaître dans les prochains mois au cours de mon futur passage sur le chantier naval de Faro. Ma prochaine carte postale sera l’occasion de vous expliquer les différents éléments que je vais ajouter, modifier, terminer, améliorer, entretenir et réparer avant les navigations vers les îles atlantiques. J’ai longtemps hésité avant de me décider où et quand réaliser le chantier. Ce chantier intervient tôt dans mon voyage mais il m’est finalement apparu évident de le lancer maintenant quand j’ai comparé le niveau de préparation et de finition d’Avel-Mor 2 à d’autres bateaux que j’ai pu croiser en chemin. Bien sûr, il est difficile de comparer des bateaux plus récents et qui sont préparés par les propriétaires depuis 20 ou 30 ans mais mon besoin de toujours chercher à améliorer les différentes parties du bateau aura eu le dessus !! Comme je l’ai déjà dit à certains d’entre vous, la préparation l’entretien et l’amélioration des différentes parties du bateau font partie de mon voyage.
soleil couchant dans la ria de Formosa ( tout près de Faro)
Le 30 juin 2026 Déjà 1 mois que j’ai larguer les amarres. Que de choses vécues déjà ! Je commence doucement a prendre mon rythme de vie a bord de Avel Mor 2. la vie s’organise principalement en fonction de la météo en premier et en second en fonction de l’avitaillement.
La première partie de ce mois de navigation aura été placé sous le signe de la nostalgie pour moi. En effet, en longeant la côte Bretonne, de nombreux souvenirs me sont revenus en mémoire. J’ai d’ailleurs commencé mon voyage 1 jour avant mon réel départ de Paimpol en passant une nuit au mouillage à Binic. C’est en effet là que ma relation avec la mer a commencé pour moi. Bien sur il y a eu mes premiers pas sur un dériveur à l’école de voile, mais en fait ce qui me revient en mémoire ce sont les premières parties de pêche avec le bateau que mon père venait d’acheter, le « petit bleu ».
Le « petit bleu » était un bateau de pêche/promenade avec lequel nous pouvions pêcher et faire un peu de voile. Le week-end toute la famille embarquait pour la journée. Il n’était pas question de grande traversée mais de ballades en famille tout en essayant de pêcher un peu. A partir de ce moment, mon père a toujours eu un bateau. J’ai été son mousse pendant près de 40 ans. Étudiant, j’ai passé beaucoup de temps à naviguer dans la baie et à titiller le Bar. Plus tard, quand j’ai commencé a travailler, chaque vacances , chaque week-end que je pouvais, je descendais en Bretagne pour une partie de pêche.
Bien sur, je ne peux oublier mes réels premiers pas en mer avec mon arrière grand-père, Arsène, pécheur à Perros-Guirec . C’est sans aucun doute lui qui m’a donné envie « d’aller en mer ». Je me souviendrai toujours de ces quelques jours de pêche pendant les vacances de Pâques. J’étais tellement bien et fier à la barre du « petit yvon » a suivre les consignes de cet arrière grand-père qui semblait tout connaître de la mer.
C’est donc avec ce bagage que je suis parti pour ce voyage autour du monde. Le premier souvenir qui me revient, c’est sans aucun doute le passage du raz de sein en cette fin de journée, début de nuit. C’est un passage emblématique entre la Bretagne nord et la Bretagne sud. La météo était clémente et je débutait ma première nuit en navigation sur ce voyage.
Le phare d’Eckmuhl à la pointe de Penmarch au lever du jour fut également symbolique pour moi. Mes parents adorait ce coin de Bretagne et ont passé de nombreuses vacances au Guilvinec. Ils faisaient de longues promenades en vélo le long de cette côte quand ils ne mangeaient pas des langoustines !! Ont-ils imaginé qu’un jour leur fils passerait devant ce phare au début d’un voyage au long cour…
Bien sur, il fallait que je repasse par Saint-Gilles-Croix-De-Vie. c’est là que j’ai pris en main le bateau en solitaire pour la première fois il y a un peu plus de 2 ans après avoir convoyer le bateau depuis Nice en camion. Juste avant mon départ, sur le ponton, j’y ai croisé une famille charmante qui a été sensible à mon histoire et qui est venu à ma rencontre en mer lors de mon départ de Saint-Gilles . La traversée du golf de Gascogne aura été tranquille, même un peu trop, par manque de vent. J’ai tout de même goûté les maquereaux du golf !! En effet les premiers poissons que j’ai péché sont des maquereaux. Je n’ai pas fait de grandes pêches mais 2 fois 2 maquereaux qui auront été préparé pour les repas du soir en ceviche. Depuis mon arrivée en Espagne, je sens que mon rythme de vie est en train de changer petit à petit, de ralentir. Non pas que je fasse moins de chose dans la journée mais j’ai l’impression de prendre plus de temps pour faire les choses et préparer les prochaines étapes.
Départ de Paimpol – passage dans l’archipel de Bréhat

Phare de l’ile vierge en haut et en bas de la houle …
Le repas du soir ….